Ensemble pour la Gauche Anti Libérale de l' Ariège

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Le billet de Gaston

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dimanche 3 juin 2007

Blanc tendance

Madame Royal vient de trouver la parade à la contre-révolution libérale annoncée par Sarkozy : « une vague blanche », sa couleur préférée, précise la journaliste du « Monde » qui rapporte le propos. Il faut croire que le rose socialiste était encore trop vif pour la dame et que, non contente d’arborer un patronyme dont elle n’est guère responsable, elle a décidé de rajouter une couche (de blanc) pour qu’on l’entende bien.

Comme on peut difficilement croire que la candidate socialiste ignore que le blanc, en France, a toujours été le double symbole de la royauté et de la reddition, on est bien obligé de conclure à l’intention politique.

D’autant qu’on apprend vite que les sourires appuyés de Madame Royal à destination du démocrate-chrétien Bayrou n’avaient rien d’une simple politesse : « Il aurait dû fusionner (avec le PS), confie-t-elle en aparté, il aurait eu Matignon ». Coquin de sort ! Beaucoup, chez nous, croyaient voter à gauche quand on destinait leur voix à sacrer le bedau. Et l’on imagine, en grimaçant, l’état-major ségoléniste ariégeois arborer la cocarde blanche au béret devant les photographes de la « Dépêche ». Le Salvae Regina n’est plus très loin de nous.

lundi 28 mai 2007

Plaisir amer

Gaston qui n’est pas optimiste de nature ne se méfie rien tant que des bonnes nouvelles. Habitué de la douche écossaise, il prend son temps avant de se réjouir. Ainsi, quand une étude très détaillée d’un institut de sondage(1) qui semblait corroborer ses opinions lui est tombée entre les mains, il est allé y regarder à la loupe. Et à travers sa lentille, il a vu ça :

  1. En décembre, avec son capital politique de départ, Mme Royal semble imbattable.
  2. En janvier, sa première erreur consiste à désapprouver la proposition Hollande de surtaxer les revenus supérieurs à 4000 Euros.
  3. En février, elle commet la bévue de se lancer tête baissée sur le terrain de l’autorité quand on l’attend sur les propositions économiques et sociales.
  4. En mars, elle décroche sur le terrain social, secteur de prédilection de la gauche et notamment dans la population ouvrière.
  5. En avril, sa danse du ventre continue devant François Bayrou indispose définitivement le « noyau dur » de son électorat.

Et Gaston de conclure qu’il est souvent amer d’avoir le plaisir de ne pas s’être trompé. La gauche ne peut qu’être de gauche. On s’en doutait un peu.

(1) Synthèse BVA, 10 Mai 2007.

mercredi 23 mai 2007

Pèlerins

Gaston fait des rencontres inattendues dans ces temps électoraux. Ainsi, samedi dernier, à la grande manifestation de soutien aux travailleurs de Ledar, victimes , eux aussi, des fonds de pension anglo-saxon, il a aperçu de drôles de pèlerins. Que les candidats d’EGAL09 soient présents avec de nombreux militants ne l’a pas surpris outre mesure : chacun son camp et eux étaient dans le leur. En revanche, voir parader le docteur Calleja, sa suppléante et le maire de Saint-Girons ceint de son écharpe tricolore lui a paru étrange. Ces sarkoziens pur sucre seraient-ils devenus des antilibéraux de la dernière heure ? Point du tout. Gaston intrigué a posé la question à M.Gondran. La réponse fut nette : « Je suis toujours un libéral » s’est défendu le cher homme. Rassuré sur ce point, Gaston a aperçu alors Mme Couve, adjointe de Trigano, qui arborait la casaque orange des fidèles de Bayrou. Puis, portant le regard en arrière, il distingua nettement Henri Nayrou dont chacun connaît l’attachement indéfectible à la loi du marché et à l’intégration européenne forcenée.

Perplexe, Gaston s’est assis sur un banc et a en conclu que la pêche aux électeurs était ouverte.

dimanche 13 mai 2007

Espoir

Gaston est un homme acerbe et l’on me dit que plusieurs l’ont noté pour le déplorer parfois… Mais aujourd’hui il a décidé de surprendre et de se montrer optimiste ce qui n’est guère son genre.

En effet, le 11 mai, par le plus grand des hasards, après avoir fait son marché à Foix, on lui a tendu un tract annonçant la tenue, le soir même, d’un réunion de la gauche antilibérale dans sa bonne ville. Décidé à se laisser surprendre, il s’y est rendu. Conclusion : il a été surpris.

D’abord, il n’avait jamais vu cela : un mélange étrange de radicalité et de générosité. Les orateurs venus de loin pour l’essentiel expliquaient sur tous les tons, après Roger Martelli, que décidément « il n’y avait pas assez d’Ariège en France ! » Et cela ne sentait pas la moindre démagogie. En outre, les organisateurs avaient eu l’audace de faire alterner les propos de tribune avec des interventions brèves et incisives d’une troupe de comédiens qui venaient de tenir festival à la Bastide de Sérou. Le résultat était détonnant. Loin de se contredire ou de mélanger des genres peu compatibles, une rare alchimie s’est mise en scène, avec la salle pleine au centre du phénomène. Brecht n’était pas loin et Gramsci non plus. On était dans l’invention du politique sans rien en rabattre sur la rigueur du propos.

Ce soir-là, Gaston est rentré chez lui en sifflotant. Ce n’est pas tous les jours qu’il reprenait espoir.

samedi 28 avril 2007

Une époque formidable !

Reiser avait raison : nous vivons une époque formidable. Le progrès est partout. Prenez, par exemple, le premier tour de l’élection présidentielle. Nous sommes devenus tellement performants, tellement fins dans l’analyse des comportements électoraux que les spécialistes de l’opinion publique sont en mesure de classer le choix des électeurs en fonction de la marque de leur automobile !

Vous ne le croyez pas ? Vous avez tort.

Selon un sondage très sérieux de CSA, les possesseurs de véhicules français ont préféré Ségolène Royal à Nicolas Sarkozy, tandis que l’on recrute davantage d’électeurs de Besancenot que la moyenne chez les habitués d’Opel, que ceux de José Bové sont plus fortement séduits par les marques japonaises, Arlette faisant un triomphe chez Renault et Marie-Georges Buffet se tenant très bien chez les amateurs de Toyota…

C’est complètement idiot direz-vous et vous n’aurez pas tort. C’est juste un signe, un signe de plus ne de la marchandisation des esprits.

Après cela que la droite progresse fortement dans notre Ariège importe bien peu aux idéologues qui n’ont d’attention que pour les messages téléphoniques de Ségolène à François et pour la future clef de répartition des petits pains entre le PS et l’UDF. Pour amuser le tapis on pourra toujours noter que Le Pen fait un carton chez les habitués de Peugeot. Etonnant, non ?

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